Nous vous présentons dans cette rubrique des gens formidables qui ont réalisé leurs rêves grâce à leurs efforts et à leur courage. En premier lieu, nous avons interviewé Monsieur Yasunari Kondô, comédien japonais qui a joué un rôle dans un film français d’Alain Corneau,
« Stupeur et tremblements ».
A propos, il est difficile de faire preuve de courage, pourtant, tout le monde en possède.
« J’aimerais bien le faire ... mais pas maintenant ou bien ... mais j’ai peur de »
« J’ai un rêve mais, je ne peux pas »
Il est plus facile de trouver une excuse pour ne pas agir que de réaliser ce qui nous tient à cœur. Cependant, quand on parvient à mettre en oeuvre courageusement et joyeusement ce que l’on a décidé, la vie s’ouvre dix fois, vingt fois plus qu’avant. C’est donc pleine d’énergie que j’ai reçu Monsieur Kondô afin de réaliser cette interview.
Sachez apprécier cette rubrique « Café break » chargée d’espoir.
Q : Bonjour, Monsieur Kondô, quelles sont vos impressions après avoir travaillé pour le cinéma français ?
R - Kondô :
J’ai passé une audition pour le film « Stupeur et tremblements » et j’ai été miraculeusement choisi. Il s’agit d’une interprétation du roman éponyme d’Amélie Nothomb, une célèbre femme écrivain belge. La scène se passe au Japon (nos répliques se faisaient en japonais) dans une entreprise nippone où règne un état d’esprit rigide, où l’obéissance absolue à la hiérarchie étouffe l’individualité. Un étranger passe pour quelqu’un de spécial et se heurte aux limites de ce cadre, ce qui le pousse irrémédiablement à la réflexion, à méditer sur son sort. Concernant ce film... je crois qu’on ne peut pas en définir l’interprétation, elle est trop complexe. Je suis très content d’avoir osé passer cette audition malgré ma timidité. Ce jour-là, j’ai frappé courageusement à cette porte pour devenir une star et derrière cette porte m’attendaient de nombreux rêves et des amis. Ce film a été une révélation pour moi, à savoir que le cinéma est un art. Si j’ai changé ? Oui plutôt, je suis devenu plus professionnel et je souhaite travailler plus encore.
Q : Quelle a été votre relation avec le réalisateur Alain Corneau ?
R - Kondô :
L’audition a été l’occasion de ma première rencontre avec Alain Corneau. Mon rôle était assez sinistre, et malgré tout, j’ai joué tout à fait joyeusement. Si j’avais été auditionné par des japonais, on m’aurait simplement dit « au suivant ! » mais Alain Corneau m’a dit « votre interprétation n’est pas correcte » et il a pris le temps de m’expliquer soigneusement la scène pendant une dizaine de minutes. Cela m’a étonné et m’a touché. J’ai ressenti sa gentillesse et sa passion pour son métier. Puis, on m’a indiqué le lieu du tournage. Alain Corneau respecte réellement les comédiens. Il saisit parfaitement leur personnalité et crée des conditions favorables pour leur permettre de se concentrer. Je n’ai jamais observé une telle sollicitude auparavant. Il ne la manifeste pas directement, mais il sourit, il plaisante sans cesse sur le lieu du tournage. Ce n’est que plus tard que j’ai pris conscience de sa profonde bienveillance. J’ai eu l’impression que le lieu du tournage était le moment le plus agréable de ma vie. J’ai passé un merveilleux moment. Je serais ravi de pouvoir à nouveau travailler avec lui. Ce film est passé une fois à Yokohama. A cette occasion, j’ai noué des liens amicaux avec des gens de cette ville qui m’ont fait une proposition de tournage en tant que réalisateur. Je prépare actuellement le film. J’aimerais bien réaliser un film par moi-même. Je vais me lancer l’année prochaine. J’ai été confronté à la culture française, cette fois-ci mes idées et mes sensations étaient très différentes, j’ai été touché et j’ai beaucoup appris avec eux. Je pense que si l’on pouvait rapprocher ces deux cultures, on pourrait faire un film révolutionnaire.
- Yasunari Kondô -
Né en 1960
1980 : Débuts dans une troupe de théâtre « Jiyû - Gekijô » : apprentissage de la comédie
puis poursuite chez MATSUYAMA Seiji
1992 : nombreux rôles dans différents théâtres en tant que comédien indépendant
2000 : premier rôle au cinéma dans « Stupeur et tremblements » sous la direction d’Alain Corneau.